Brexit : perspectives de carrière au Royaume-Uni

Marché du travail au Royaume-Uni et perspectives de carrière pour les jeunes Européens.

 

D'après l'étude "L'Europe en Mouvement" publiée par Indeed, moteur de recherche d'emploi, le Royaume-Uni figurait jusqu'à aujourd'hui en tête des pays les plus convoités par les européens en quête d'opportunités professionnelles. Quels sont les secteurs qui recrutent le plus les jeunes Français ? Et quelles perspectives de carrière pour les Européens, dans un pays qui a décidé maintenant il y a plus d'un an de sa sortie de l'Union Européenne ? Les Français ont-ils encore intérêt à partir s'expatrier au Royaume-Uni ?

 

Au CEI, nos consultants basés à Londres et à Dublin sont confrontés chaque jour à la réalité du marché de l'emploi et de ses évolutions. Voici un aperçu des grandes tendances qui se dégagent en 2017 :

Quels sont les secteurs qui recrutent le plus les jeunes Français ?

 

En règle générale, les jobs les plus faciles à décrocher sont dans les pubs, les restaurants et les magasins. Les missions ne requièrent pas de qualifiations spécifiques et vous pouvez être embauché même avec un faible niveau d'anglais.

 

En outre, du fait de l'absence de contrat avant 13 semaines de travail, il est assez facile d'être pris à l'essai. À vous après de faire vos preuves et de gagner la confiance de vos employeurs ! Du fait de l'immigration importante, notamment à Londres, la concurrence est forte sur le marché du travail. Il faut donc savoir se démarquer et sortir du lot pour réussir.

 

Les secteurs les plus porteurs à l'heure actuelle :

  • Hôtellerie/restauration (notamment la restauration rapide)
  • Secteur du luxe
  • Secteurs pharmaceutiques et biotechnologiques
  • Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC)
  • Industries liées à l'énergie et à l'environnement (notamment les énergies renouvelables)

 

Les Français sont particulièrement appréciés dans les professions suivantes :

  • Cuisinier : les cuisiniers français sont très appréciés (réputation de la gastronomie française)
  • Professeur de français : pénurie de main-d'oeuvre dans l'enseignement
  • Secrétaire bilingue - assistant(e) de direction
  • Informaticien : très bonne réputation des formations françaises

 

Outre ces secteurs très particuliers, les Français sont de manière générale les bienvenus dans les entreprises britanniques, et ce quel que soit le domaine d'activité. La France est en effet l'un des partenaires privilégiés de la Grande-Bretagne, qui entretient des relations économiques étroites avec ses voisins d'Outre-Manche. D'après le consulat, plus de 3 000 sociétés françaises emploient près de 400 000 salariés dans le pays. En 2012, selon l'Insee, le Royaume-Uni était la tête de pont économique des entreprises françaises à l'étranger, qui réalisent un chiffre d'affaires de 120 milliards d'euros par an.

-> Compter des Français parmi les rangs de ses employés est un atout de taille pour les entreprises britanniques qui font du commerce avec l'Hexagone.

 

Quid du Brexit ?

Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté à 51.8% en faveur d'une sortie de leur pays de l'Union Européenne. Depuis cette date, l'incertitude règne chez les Européens quant au rôle que le Royaume-Uni sera amené à jouer dans un futur proche. Quelles sont les conséquences à prévoir pour les entreprises britanniques, le commerce extérieur et les investissements ? Et à quoi doivent s'attendre les 400 000 Français travaillant actuellement en Grande-Bretagne ?

 

Le secteur de la finance sera certainement le plus impacté par le Brexit : avec la disparition du "passeport européen", qui permet à toute banque ou institution financière basée à Londres d'opérer dans n'importe quel pays européen, ce sont des milliards de transaction financières et de gestion de produits financiers par jour qui sont menacées. Ce changement de règlementations pourrait bien entraîner une délocalisation massive des banques françaises et européennes de la City.

 

En contrepartie, le Brexit pourrait profiter au secteur du tourisme : suite au référendum, la livre sterling a vu son cours s'effrondrer. Ce qui est une mauvaise nouvelle pour les Britanniques ne l'est pas forcément pour les touristes étrangers. Leur monnaie ayant désormais une valeur supérieur à la monnaie britannique, leur pouvoir d'achat va s'accroître. On peut donc prévoir une augmentation de la consommation étrangère dans les années à venir. Le secteur du tourisme, qui emploie déjà de nombreux Européens, notamment Français, continuera donc d'embaucher un nombre important d'étrangers.

 

Une exception française ?

 

Avec le Brexit, le Royaume-Uni renonce à des accords économiques privilégiés avec les pays européens. Il devra donc signer de nouveaux accords de coopération avec ses anciens partenaires ou en trouver de nouveaux. Ainsi, on peut s'attendre à ce que le Royaume-Uni signe des accords préférentiels avec les pays avec lesquels il entretient des liens de coopération historiques (Allemagne, France...).

 

Les échanges économiques entre la France et le Royaume-Uni ont toujours été très importants : le Rauyaume-Uni est le troisième client européen de la France avec une valeur commerciale de 5,5 milliards d'euros, et le cinquième marché français à l'exportation. Les Français ont toujours été une source d'accroissement de la richesse nationale britannique.

 

La France compte également l'une des plus fortes populations de Britanniques expatriés, avec 400 000 Britanniques établis sur son territoire. Il serait donc fort possible que la Grande-Bretagne cherche à négocier des accords spéciaux avec ses voisins français, afin de préserver la qualité de ses relations bilatérales, ses intérêts et ceux de sa population vivant en France.

 

Une mutation progressive

 

Le Brexit ne prendra pas effet immédiatement, puisque l'article 50 du traité de l'Union Européenne prévoit un délai de deux années (renouvelable) entre la demande de retrait et son effectivité. Ainsi, le Royaume Uni continuera d'être membre de l'UE pendant au moins 2 années encore, durant lesquelles seront négociées les modalités de la sortie du Royaume britannique, ainsi que les accords commericaux.

 

L'Irlande : grand bénéfiaire du Brexit ?

 

Conséquence du Brexit : l'Irlande figure désormais en tête des pays privilégiés par les demandeurs d'emploi anglais. Le taux de recherche de postes vacants en Irlande a plus que doublé. De même, les Européens, dont le flux de demandes d'emploi était jusqu'à présent orienté vers le Royaume-Uni, se tournent désormais vers l'Irlande.

 

Ce nouvel attrait de l'Irlande concerne majoritairement 4 secteurs : le marketing, les RH, l'ingénierie, le transport et la vente au détail. Signe annonciateur d'une fuite massive des cerveaux vers l'Irlande ou simple tendance ? Seul l'avenir nous le dira.

 

Le Brexit aura, c'est certain, des répercussions sur l'économie du pays. Toutefois, ces effets, loin de ne toucher que les populations d'expatriés établis au Royaume-Uni, entraîneront des bouleversements auxquels tous les anglais devront faire face. Nous devrons assister à une reconfiguration des forces économiques, au niveau local aussi bien qu'européen, qui n'aboutira qu'à l'issue de longues négociations pouvant durer plusieurs années. Toutefois, le Royaume-Uni a tout intérêt à conserver des liens économiques étroits avec ses partenaires commerciaux actuels - et la France figure en tête de liste. D'autre part, le pays soucieux de conserver son attractivité, met dores et déjà en oeuvre des moyens pour attirer les grosses entreprises. En témoignage l'engagement de Theresa May à réduire l'impôt sur les sociétés de 20% d'ici la fin de l'année 2017. Cette mesure porte déjà ses fruits, puisque plusieurs multinationales (Facebook, Google, McDonald's) ont déjà choisi de délocaliser leur siège à Londres.

 

Les Français peuvent donc se rassurer, il y aura toujours des opportutinés professionnelles pour eux au Royaume-Uni ! Si vous en doutez, l'Irlande offre d'ores et déjà une alternative attrayante, et pourrait même devenir la nouvelle destination privilégiée des Français souhaitant s'expatrier dans un pays anglophone.

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